
De son côté, Monseigneur François KERVEADOU, alors évêque de Saint Brieuc, Monseigneur André BONTEMS, responsable des monastères de Bethléem et le Cardinal Paul GOUYON demandent très explicitement au Conseil permanent de la communauté des sœurs de Bethléem d’envoyer des moniales à Boquen pour y vivre et y prier.
En effet, l’évêque de Saint Brieuc désire que le monastère retrouve sa raison d’être initiale, c’est-à-dire la prière silencieuse et la louange.
C'est dans la foi et l’obéissance à l’Église que, le 3 mai 1976, en une année d’une sécheresse exceptionnelle, trois moniales suivies d’une dizaine d’autres se rendent sur place, afin de rendre ce haut lieu à la prière d’adoration et à l’accueil des pèlerins.
En ce jour, un groupe de pèlerins reçoit au cœur un appel : La Vierge désire une très nouvelle Famille monastique dans l’Église. Avec Marie glorifiée en son âme et en son corps ses membres essaieront de répondre au projet que le Père pose sur chaque personne humaine : devenir Ses “adorateurs en esprit et vérité”, “Se tenir saint et immaculé en sa présence dans l’Amour”.
Cette Famille monastique écoute la tradition primitive toujours actuelle de la vie au désert des premiers moines de Palestine et d’Égypte, des IVe et Ve siècles.
Saint Bruno, lorsqu’il fonde l’ordre des Chartreux au XIe siècle en Occident reçoit cette tradition d’Antoine et de Macaire d’Égypte, de saint Sabbas de Bethléem. Sans appartenir à l’ordre de Chartreuse, la Famille monastique de Bethléem et de l’Assomption de la Vierge, est disciple de Saint Bruno.
La Famille monastique est composée de deux branches : la branche des moniales compte aujourd’hui 550 sœurs réparties en 29 monastères dans 15 pays et la branche des moines qui compte 35 frères en 3 monastères dans 3 pays.
Les magnifiques statues du Christ en Croix et de la Vierge de l’Abbatiale sont reproduites à l’atelier de sculpture des monastères de Bethléem.
De grandes icônes ont été écrites pour la chapelle Saint Bruno. Ces œuvres d’art demeurent toujours dans ces lieux pour lesquels elles ont été peintes et sculptées au service de la prière.
La construction d’ermitages étant nécessaire pour remplir pleinement la vocation des sœurs à demeurer le plus possible dans la solitude, et le besoin d’aménager des espaces pour l’hospitalité des pélerins n’ayant pu se réaliser, les sœurs de Bethléem en sont venues à envisager leur départ. Dans le courant de l’année 2010, et avec beaucoup de regret, les Moniales du monastère Notre-Dame de la Croix Vivifiante de Boquen ont informé Mgr Lucien FRUCHAUD, alors évêque de Saint Brieuc et Tréguier de leur prochain départ. Ce dernier rendra grâce à Dieu pour ces trente-quatre années de prière et de vie monastique des Moniales de Bethléem qui habitaient ce lieu de prière depuis 1976.
En accord avec lui, les sœurs de Bethléem ont proposé à la Communauté du Chemin Neuf (communauté catholique à vocation œcuménique) de reprendre le service de prière qu'elles ne pouvaient plus assumer et de recevoir l’héritage de ce lieu chargé de prière. C'est un changement important pour Boquen et pour tous ceux qui y sont attachés.
À l’engagement radical des sœurs, va succéder un autre engagement apostolique tout aussi radical : celui de proposer un Centre Spirituel de formation et de retraite, à l’écoute des hommes et des femmes de ce temps.