Voici, entre la porte de l'église et celle de la sacristie, dans le cloître, une série de niches pratiquées dans le mur du transept, encadrées par des colonnettes, couronnées par une moulure en bosse.
C’est, tout simplement, la bibliothèque primitive de l’abbaye au XII siècle ; avant la découverte de l’imprimerie, quand un monastère possédait une centaine de manuscrits, il était censé riche en livres.
Les manuscrits de Boquen se trouvaient dans ces niches de pierre, à la disposition des religieux qui, aux heures de la lecture et du travail intellectuel, y vaquaient dans le cloître tout près, le long de l’église.
Et il ne faudrait pas croire que les moines n’avaient que peu de temps pour ce que saint Benoît nomme la « Lectio divina », c’est-à-dire la lecture méditée, l’étude des sciences divines, spécialement la Bible.
En moyenne, ils pouvaient disposer de quatre heures par jour et même plus à certaines époques. Ils y consacraient, en fait, autant de temps à peu près qu’à la célébration de l’Office.
Chaque monastère avait ses copistes, spécialisés dans la transcription des manuscrits.
Extrait d'une plaquette "Boquen en Plénée-Jugon" 1960