×
×
×

Les Reliques des Saints moines
fondateurs des monastères Bretons


Chapelles de l'abbatiale contenant les reliques
 

Saint Magloire
 

Saints Samson, Corentin, Brieuc, Malo, Lunaire Méloir, Trémor
 
A la fin du 4ème jusqu’au 6ème siècle, des milliers de Bretons insulaires fuient l’Angleterre, victimes des invasions anglo-saxonnes. L’Armorique devient leur terre d’asile. Parmi ces Bretons, de nombreux moines chrétiens s’installent dans des lieux retirés.

Ils deviendront les « Saints moines fondateurs de la chrétienté en Armorique » appelée plus tard « la Petite Bretagne ». Au milieu de ces Saints moines nous retrouvons Saint Brieuc, Saint Corentin, Saint Samson, Saint Malo, Saint Lunaire, Saint Magloire, Saint Méloir et Saint Trémeur. Vers 920, une invasion de Normands, pirates scandinaves, jettent la terreur en Bretagne. Les Moines se sauvent vers l’ouest en emportant avec eux ce qu’ils avaient de plus précieux : les reliques de leurs Saints. C’est ainsi que les clercs de Dol emportant Saint Samson, Saint Pair, et d’autres Saints rencontrent à Léhon les moines de l’abbaye de Saint Magloire emportant leur Saint patron ainsi que d’autres reliques qui leur ont été confiées : Saint Malo d’Aleth, les Saints évêques Lunaire, Brieuc, Corentin, Louthiern, Levien … les jeunes martyrs Méloir et Trémore…

Arrivés à Paris, les 17 Corps Saints sont déposés dans l’église Saint Barthélémy, qui devient l’abbaye Saint Magloire. Lorsque le calme revient en Bretagne beaucoup de moines reprennent le chemin de l’Armorique en emportant les Corps Saints qu’ils ont conservés. Certaines de ces saintes reliques restent à Paris. A la fin du 16ème siècle l’Abbaye émigre au Faubourg Saint Jacques et devient le séminaire Saint Magloire près de Saint Jacques du Haut Pas. Au moment de la Révolution Française, les reliques sont enterrées pêle-mêle, à Saint Magloire. Déterrées en 1797, elles sont déposées à la paroisse de Saint Jacques du Haut Pas sous le Maître Autel.

En 1953, Les reliques sont données à l’Abbaye de Boquen avec le consentement de Son Eminence le Cardinal Feltin, archevêque de Paris.

Quelles sont ces reliques ?

Parmi les 17 Corps Saints qui émigrent à Paris, quatre d’entre eux font partie des 7 Saints fondateurs Bretons qui sont à l’origine du célèbre pèlerinage médiéval de Bretagne : le TRO BREIZ (tour de Bretagne).

A travers un itinéraire précis les pèlerins vont prier sur les tombeaux des Abbés-Evêques Fondateurs. Ces quatre Saints du Tro Breiz sont Saint Samson, évêque de Dol, Saint Corentin, évêque de Quimper, Saint Brieuc et Saint Malo, évêque d’Aleth.

Saint SAMSON

Né dans le comté de Pembroke, disciple d’Ildut, abbé du monastère de Clanturit-Major au Pays de Galles, Samson aborde la région de Dol de Bretagne au milieu du 6ème siècle, assisté du diacre Magloire, son cousin.

Le désir de s’enfoncer dans des solitudes toujours plus profondes n’a pu le soustraire à l’admiration des populations de Bretagne et d’Irlande, ni aux charges de prédicateur et d’abbé que lui imposent les évêques de sa Province. Arrivé en Armorique, il construit un monastère dans le pays de Dol. C’est là que son action s’étend sur toutes les contrées environnantes. Samson assiste au 3ème Concile de Paris en 557.

Saint CORENTIN

Né en 375 en Armorique, premier évêque breton de Cornouaille, Corentin choisit pour ermitage un lieu situé proche du Menez Hom, auprès d’une fontaine habitée par un étrange poisson. Il se présente tous les matins au Saint qui le prend et en coupe un morceau pour sa pitance, puis le rejette à l’eau.

Un jour le roi Gradlon, perdu, rencontre Corentin qui lui partage sa pitance. En reconnaissance, le roi nomme Corentin premier évêque de Quimper. Il est ordonné par Martin de Tours.

Saint BRIEUC

Disciple de Saint Germain d’Auxerre qui l’emmène en Gaule au cours de l’un de ses voyages, Brieuc vient en Armorique vers 485. Il n’est pas lui-même évêque, mais le souvenir de ses vertus et de son don de guérison donne son nom au siège épiscopal institué plus tard auprès de son tombeau.

Saint MALO

Parent de Saint Samson, Malo aborde à peu près en même temps que lui en Armorique et se met sous la direction de l’abbé Aaron, dans l’île qui deviendra Saint Malo. Les fruits remarquables de sa prédication à Aleth (Saint Malo) et dans les environs engagent les habitants de cette ville à le demander comme évêque.

En butte à des jalousies, Malo s’exile et vient se réfugier en Saintonge. Les habitants d’Aleth, ramenés à de meilleurs sentiments par la famine et les maladies, le supplient de revenir. Après avoir rendu à Aleth la paix et l’abondance, il veut retrouver la solitude du désert, et meurt dans un monastère des environs de Saintes le 16 novembre 621.

Saint MAGLOIRE

Né au Pays de Galles, Magloire est ordonné diacre par son cousin Saint Samson, qui l’emmène avec lui en Bretagne Armoricaine. Saint Samson avant de mourir désigne lui-même son fidèle compagnon, Magloire, pour lui succéder comme évêque, abbé de Dol.

Cependant, Magloire ne conserve sa charge que pendant 3 années. Après avoir laissé le gouvernement du monastère de Dol à l’abbé Budoc, il se retire dans une solitude voisine.

L’affluence des fidèles, témoins de ses vertus et de ses miracles, le décide à s’éloigner. Le Comte Coiescon, qu’il guérit de la lèpre, lui donne l’île de Sercq. Magloire y fonde un nouveau monastère où il meurt le 24 novembre 586.

Son corps est rapporté en Bretagne par le Duc Nominoé, qui bâtît pour le recevoir, le monastère de Léhon en 849.

Saint LUNAIRE

Disciple de l’Abbé Ildut comme Samson et Magloire, Lunaire aborde vers 535 près de l’embouchure du Crevelin. Défricheur de forêts, il sait aussi cultiver les âmes des habitants de la côte. Le lieu où il s’est établi porte son nom.

Saint MELOIR

Fils du Comte Méliau, Méloir est poursuivi par la jalousie de son oncle, Rivod, chargé de la régence. Après avoir eu un pied et une main coupés à l’âge de 7 ans, il est élevé pendant quelques années au monastère de Saint Corentin. Lorsqu’il en sortit, Rivod le fait assassiner par son précepteur, pendant qu’il dort.

Saint TREMORE

Fils du tyran Conomor, Trémore est élevé au monastère de Rhuys. Il rencontre un jour son misérable père qui lui tranche la tête. Son nom est cité dans les litanies anglaises du 7ème siècle.

 


 Histoire du Tro Breiz par Mr Michel Le Coz
Retraité, ancien marin, ancien ingénieur sécurité. Originaire du sud du Finistère (pays Glasik), il est tombé tout petit dans le chaudron de la culture bretonne. Historien amateur, il est animateur à l’Université du temps libre du pays de Lorient.

 

◄ Gilles de Bretagne L'armoire des évêques ►
×

Annuaire du Chemin Neuf

Cliquez sur le lien suivant

Accès à l'annuaire